Après 10 ans d’attente, les textes encadrant la réforme du 3e cycle des études de pharmacie ont enfin été publiés fin décembre et début janvier. La réaction des étudiants, avec Syrine Ayed, porte-parole de l’Anepf.
Comment accueillez-vous la publication des textes R3C à Noël ?
Syrine Ayed : Pour l’Anepf, la publication des textes réglementaires de la réforme du 3e cycle constitue une avancée majeure et un moment historique pour la formation pharmaceutique. Après environ dix années de travail, de concertation et de coconstruction avec l’ensemble des acteurs institutionnels et professionnels, voir ces textes paraître au Journal officiel est à la fois un soulagement national et le début de questionnements locaux.
Que va apporter cette réforme ?
La R3C acte une revalorisation profonde du diplôme de pharmacien pour les filières Officine et Industrie-Recherche, avec une application confirmée dès septembre 2026. Elle marque un changement de paradigme pédagogique en recentrant la 6e année sur l’acquisition de compétences concrètes, en phase avec les réalités de l’exercice professionnel. Pour l’Anepf, cette réforme incarne une vision moderne, ambitieuse et responsable de la formation, tournée vers le bien-être étudiant, la qualité des soins et les besoins des territoires. La publication des textes à la fin de l’année est un signal politique fort, qui montre que la pharmacie est enfin pleinement reconnue comme un pilier du système de santé.
Quels sont encore les derniers paramétrages manquants ?
Si le cadre réglementaire est désormais posé, l’Anepf rappelle que la réussite de la réforme du 3e cycle dépendra avant tout de son application concrète sur le terrain. Plusieurs paramètres restent encore à préciser ou à sécuriser. Parmi les enjeux centraux figurent notamment l’agrément des maîtres de stage, désormais élargi aux pharmaciens adjoints, ainsi que la répartition équitable des étudiants entre les terrains de stage. Le rôle confié aux Agences régionales de santé (ARS) et aux nouvelles Commissions pharmaceutiques officinales devra être précisément encadré afin de garantir la faisabilité des parcours et le respect des projets professionnels des étudiants.
Par ailleurs, la question de la rémunération demeure un point de vigilance majeur. Si la revalorisation de la gratification à 1 037 euros nets par mois a été annoncée, sa concrétisation reste conditionnée à la publication d’un texte garantissant le versement effectif de la part État aux officines. Sans cette sécuri-sation financière, l’ambition sociale et pédagogique de la réforme serait fragilisée. L’Anepf restera pleinement mobilisée pour accompagner les étudiants, suivre l’ensemble des ajustements à venir et veiller à ce que la R3C tienne toutes ses promesses, sans compromis sur l’équité, la qualité de formation et l’accès aux soins.


