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1,2 milliard d’économies sur le médicament, ALD, tiers payant contre carte vitale : qu’attendre du budget de la Sécu à l’automne ?

Début juillet, l’Assurance maladie a publié son rapport « Charges et produits » pour 2026. Grand rendez-vous annuel qui prévaut bien souvent du contenu du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’automne.

Sans surprise, les 60 propositions de la Cnam sont placées, cette année encore, sous le signe de l’austérité, combinant mesures de réduction des dépenses de la branche maladie et – pour la première fois – des propositions de « réformes médico-économiques structurelles » à l’horizon 2030.

« Nous sommes à un point de bascule, fait savoir Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie. L’avenir de notre modèle repose sur notre capacité collective à nous engager autour de trois piliers : prévention, coordination des soins et juste soin au juste coût. Nous avons besoin d’une mobilisation générale autour de ces objectifs ».

1,2 milliard d’euros d’économie sur le médicament

Premier volet : les mesures d’économie. « Sans inflexion majeure, le déficit de l’Assurance maladie, estimé à 16 milliards d’euros pour 2025, pourrait se creuser encore davantage à horizon 2030 pour atteindre 41 milliards d’euros », s’inquiète la Caisse. Objectif fixé par la Cnam : économiser 3,9 milliards d’euros en 2026, et jusqu’à 22,5 milliards d’euros d’ici 2030.

Pour réduire les dépenses, la Cnam souhaite ainsi instaurer une politique du « juste soin au juste coût ». Avec, sans surprise, un frein des dépenses sur le volet médicament : 1,2 milliard d’euros pour 2026 et 6 milliards d’euros à l’horizon 2030.

Pour cela, l’Assurance maladie souhaite s’attaquer à la hausse des prix des médicaments qui « menace la soutenabilité à court et moyen terme », tout en réinstaurant « une hiérarchie des prix cohérente avec des progrès thérapeutiques reconnus ».

Dans le viseur de la Cnam : les médicaments avec une amélioration du service médical rendu (ASMR) mineure ou inexistante qui devront, pour être remboursés, opérer des baisses de prix. Par exemple, pour pouvoir être pris en charge, les médicaments ASMR V devront réduire leurs prix de 20 %.

Autre piste d’économies : « revoir la politique de tarifs excessifs sur les médicaments anticancéreux », voire « réinterroger le remboursement de certains médicaments anticancéreux ne présentant aucun résultat probant dans le cadre de leurs essais cliniques ». Les dépenses associées aux médicaments anticancéreux étaient de 6,3 milliards d’euros en 2024, en hausse de + 9,57 %.

Réforme des ALD

L’Assurance maladie envisage également de faire le tri du côté des ALD. Alors que 20 % de la population est en affection de longue durée, le nombre de bénéficiaires pourrait passer de 14,1 millions en 2023, à 18 millions à l’horizon 2035, avec le vieillissement de la population et le développement des maladies chroniques.

Pour tenter d’enrayer les dépenses liées aux affections de longue durée, la Cnam propose plus de « dynamisme » dans les entrées et sorties d’ALD. « Il s’agit par exemple de réévaluer le dispositif pour les personnes en situation de guérison ou de rémission de certaines pathologies, au bénéfice d’un dispositif de suivi et surveillance renforcée. En cas de rechute ou d’aggravation, le dispositif serait naturellement à nouveau déclenché », veut rassurer l’Assurance maladie.

Le rapport met également sur la table une réforme des ALD avec la création d’un nouveau statut, celui des patients en « risque chronique » : obésité, hypertension artérielle, hypercholestérolémie ou encore diabète de type 2 sans comorbidité. « Cela implique de recentrer le statut ALD et la prise en charge à 100 % lorsque le patient passe une étape dans sa maladie qui deviendra inévitablement longue et coûteuse, avec un fort recours au système de santé », détaille la Cnam. Avant cette étape, le patient pourra en contrepartie bénéficier d’un parcours de prévention.

Dépistage de l’HTA en pharmacie

Sur le volet prévention, l’Assurance maladie propose de mettre le paquet sur le dépistage de l’hypertension artérielle, en lançant un dépistage généralisé impliquant notamment les pharmaciens.

Côté officine toujours, la lutte contre la fraude pourrait de nouveau être renforcée lors du prochain PLFSS, avec la généralisation du tiers payant contre carte Vitale. « Les télétransmissions sans carte vitale représentent 350 millions de flux, dont près de 100 millions pour les pharmaciens », souligne le rapport.

Le PLFSS pour 2026 sera examiné dès le 21 octobre à l’Assemblée nationale, pour un vote prévu début décembre.