Des nouvelles de l’Anepf

Chaque mois, les étudiants réagissent sur plusieurs sujets d’actualité et nous confient leur humeur du moment.

L’Assurance maladie veut mettre du « vert » dans la convention nationale des pharmaciens. Les étudiants ont-ils des idées ?

Les pharmaciens de demain sont bien conscients des enjeux environnementaux et sont force de propositions ! Voici quelques exemples issus de la contribution santé environnementale de l’Anepf : 

  • Mettre en place un “éco-score” visible sur le conditionnement des produits pharmaceutiques et des cosmétiques. 
  • Nommer une personne chargée de la transition écologique dans chaque établissement de santé.
  • Inciter les laboratoires pharmaceutiques à privilégier l’emploi de flacons recyclables à la place des blisters pour le conditionnement des médicaments.
  • Permettre au pharmacien de substituer un médicament ayant un impact environnemental moindre vis-à-vis du médicament initialement prescrit pour un service médical rendu identique.
  • Création d’une unité d’enseignement (UE) sur la santé environnementale dans le tronc commun de la formation initiale. 

L’année 2022 sera rythmée par des temps politiques majeurs mais dont les répercussions seront sur le court terme. Or, pour que les générations suivantes héritent d’un habitat sûr, il est grand temps de prendre en compte les considérations environnementales et d’agir en conséquence avec une vision qui dépasse celle de la durée d’un quinquennatest essentielle. 

 

Biosimilaires : le PLFSS prévoit la substitution du pharmacien. Vous y croyez ? 

 Le PLFSS 2022 prévoit une substitution par le pharmacien de deux molécules. Si le pharmacien peut se réjouir que le droit de substitution des biosimilaires revienne dans la loi, les amendements déposés à l’Assemblée nationale pour en élargir la substitution ont tous été refusés. Cette mesure ne semble donc pas à la hauteur des enjeux, à savoir 600 millions d’euros d’économies qu’aurait pu générer le pharmacien. Néanmoins, nous pouvons être confiants pour l’avenir ; la substitution de ces deux molécules sera importante. Les différentes instances laisseront davantage de possibilités au pharmacien pour favoriser une meilleure pénétration des médicaments biosimilaires. 

 

La sérialisation agite le petit monde de la pharmacie. Qu’en pensez-vous ?

  La sérialisation, introduite en 2011, est depuis 2019 une obligation européenne. Le temps passé depuis a permis de s’y préparer. Il existe autant d’avantages à la mettre en place, que de d’inconvénients à s’y soustraire. La France est reconnue pour avoir un parcours du médicament sûr, impliquant à chacune des étapes un pharmacien. Mais depuis peu, on a connaissance de circuits alternatifs, tels que le Levothyrox importé des pays de l’Est ou bien l’importation de médicaments, en rupture de stock, hors de l’Union européenne ; cela augmente donc le risque d’apparition de produits pharmaceutiques falsifiés en libre circulation dans nos officines. Le pharmacien français se veut être un professionnel de santé attaché à la qualité, mais donnons-lui les moyens de l’être ! 

 

Le manque de ressources humaines en officine est-il une aubaine pour les étudiants ? 

  Cela peut être une aubaine à condition que les étudiants puissent être correctement formés au sein de l’officine et ne pas servir de main d’œuvre peu chère, comme cela a pu être constaté dans certains cas avec la réalisation de tests antigéniques à tout va. N’oublions pas qu’il s’agit d’étudiants en perpétuel apprentissage qui ont besoin d’être accompagnés pour être en capacité d’assurer la relève. La promotion du rôle d’adjoint est aussi un enjeu important ; aujourd’hui, recruter un pharmacien s’apparente à vrai un parcours du combattant. •