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Vaccination anti-Covid : une stratégie européenne

La stratégie d’accès aux vaccins contre le Covid est chapeautée par l’Union européenne, chose inédite, alors que l’Union a peu de compétences dans le domaine de la santé publique. Nous revenons sur les actions menées, en particulier par la Commission européenne.

Vous souvenez-vous des commandes de vaccins contre la grippe H1N1, émanant du ministère de la Santé lorsque Roselyne Bachelot était à sa tête ? Ce temps est révolu. La stratégie d’accès aux vaccins contre le Covid est une action européenne. L’Union avait déjà investi dans la recherche vaccinale avant la crise, notamment dans le désormais célèbre laboratoire BioNTech. Désormais elle mène la danse. Le choix de la centralisation s’est fait pour éviter la concurrence entre les États membres, potentiellement délétère, et assurer un accès rapide à tous les citoyens européens.

Négociation entre la Commission et les laboratoires

Afin d’accélérer la production des vaccins et de s’assurer de leur disponibilité, la Commission européenne a appelé les laboratoires intéressés à la négociation. De ces négociations sont nés 6 accords, avec 6 laboratoires, pour environ 2 milliards de doses réservées, dont 1,3 milliard de réservations « dures » et 700 millions en option. Les laboratoires concernés sont Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Sanofi-GSK, Johnson & Johnson et CureVac. L’ensemble de ces accords a coûté 2,15 milliards d’euros à l’UE, ce qui ne comprend pas le prix des vaccins.

Que contiennent ces accords ? Tout d’abord une promesse d’achat d’un certain nombre de vaccins, répartie ensuite entre les pays membres au prorata de leur population. La France prend donc 15 % des doses sur chaque contrat, sauf pour les doses en option. Les États membres ne sont pas obligés de signer les contrats négociés entre la Commission et les laboratoires, mais tous l’ont fait. Chaque pays va ensuite payer ses doses de vaccin, les 2,15 milliards d’euros dépensés par l’Union ne sont que pour les réservations. Cela permet aux laboratoires d’investir directement dans la production et d’accélérer la mise sur le marché d’un grand nombre de doses.

Il y a évidemment plusieurs conditions. Les doses de vaccins ne seront achetées que si le vaccin obtient une AMM auprès de l’Agence européenne du médicament (EMA). Ce qui explique en partie le nombre de contrats signés. De plus, la majeure partie de la production doit être faite sur le territoire européen. Assurant ainsi une bonne disponibilité. Enfin, le prix des vaccins est le même pour chaque État membre.

Accélération des processus et passeport vaccinal

Passer de plus de 10 ans à 18 mois pour la mise au point d’un vaccin a demandé plus que de l’argent. Les processus de validation juridique et scientifique ont dû être accélérés, tout en restant au même niveau d’exigence. Pour cela, l’EMA n’a pas attendu les dossiers de demande d’AMM complets, mais récupère toutes les informations des laboratoires au fil de l’eau. En outre, différentes phases d’essais cliniques ont pu être concomitantes.

Désormais, l’UE se penche sur d’autres problématiques. La première est l’établissement d’un passeport vaccinal européen, permettant la libre circulation des citoyens européens sur l’ensemble du territoire en toute sécurité. L’Union travaille aussi à lutter contre le scepticisme qui entoure la vaccination. Cela passe principalement par une lutte contre la désinformation, et par une formation optimale des professionnels de santé afin de rassurer les patients.

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