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Cannabis médical : le décret publié !

Le décret relatif à l’expérimentation cannabis médical vient d’être publié au Journal Officiel.

5 questions au Pr Nicolas Authier, président du Comité scientifique temporaire (CST) sur le cannabis médical à l’ANSM.

Revue Pharma : Comment concrètement l’expérimentation pour les officines va-t-elle se dérouler ? Faudra-t-il être volontaire ?

Nicolas Authier : Non, il n’y aura pas de recrutement actif des pharmaciens. L’idée est justement de travailler comme le font les officines habituellement. Le patient viendra simplement présenter son ordonnance dans son officine de quartier. La prescription de cannabis thérapeutique devra être initiée en structure hospitalière spécialisée, un centre de la douleur par exemple. Le prescripteur demandera au patient dans quelle pharmacie il se rend habituellement et contactera le pharmacien. Puis le patient se présentera en officine avec son ordonnance.

Quelles seront les obligations légales pour le pharmacien ?

Le pharmacien devra suivre une formation e-learning avant la délivrance. Il aura également à renseigner un registre de retour d’expérience : difficultés de distribution, de stockage, informations sur les effets indésirables du patient, circuit du médicament… toutes les données utiles pour l’expérimentation ! Il faut rappeler que c’est une expérimentation de politique publique, et non une légalisation du cannabis. L’objectif est vraiment d’évaluer le circuit du médicament.

Quel nombre de patients devrait être concerné par l’expérimentation ?

Nous avons estimé que 3 000 patients au maximum participeront à l’expérimentation en permanence. Ce qui est finalement peu au regard du nombre d’officines en France. Ce sont souvent des patients polymédiqués que les pharmaciens connaissent bien. Nous avons essayé de faire le plus simple possible, car le risque, si les démarches sont trop compliquées, est que l’expérimentation échoue.

Comment le pharmacien va-t-il se fournir en cannabis médical ? Auprès de qui ?

Les fournisseurs étrangers, canadiens ou hollandais par exemple, devront passer des contrats avec des distributeurs français. Lors de l’inscription du patient au registre, le pharmacien recevra un lien pour commander le produit et se fera livrer dans les 24 heures. Il faut bien noter que ce seront des petits volumes, ponctuels, et que le stock ne sera pas conservé longtemps. La délivrance et le stockage de cannabis médical seront régis par la réglementation des stupéfiants : ordonnance sécurisée et coffre fermé à clef.

Quel équilibre est-il envisagé entre THC et CBD dans le cannabis médical qui sera disponible ?

Globalement, il y aura trois grandes gammes : une équilibre CBD et THC, une dominante CBD, utilisée notamment pour l’épilepsie, et la dernière THC dominante. En détail, les ratios seront les suivants :

– équilibré = THC /CBD : 1 :1

– THC dominant = THC / CBD 20:1

– CBD dominant = THC/CBD 1:20 et 1:4.

Concernant la posologie, il y aura une phase de titration par le médecin, jusqu’à l’obtention d’une dose minimale efficace et tolérable pour le patient. Ce seront, bien évidemment, des produits au standard pharmaceutique. Il n’y a pas d’AMM pour l’instant, donc il s’agit pour l’heure d’un « médicament par fonction et par présentation ».

 

Léa Galanopoulo

 

 

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