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Normandie-Maine

Focus sur l’économie de la pharmacie d’officine en région Normandie-Maine : Joël Lecoeur, expert-comptable au sein de LLA Experts-Comptables et président du réseau CGP, analyse l’évolution de l’activité, de la rentabilité et des prix de cession.

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Chiffre d’affaires, marge et EBE

Seules les officines dont les exercices 2019 et 2018 ont des durées de 12 mois et sans changement majeur dans leur activité (transfert ou regroupement, par exemple) ont été retenues. Le CA HT moyen ressort à 1 978 100 euros et progresse de 1,64 %. Cette évolution moyenne cache de grandes disparités d’une officine à l’autre en fonction de sa localisation et de sa taille. Les officines dont le CA HT est inférieur à 1 000 000 euros ont enregistré une nouvelle baisse de chiffre d’affaires (-1,71 %). L’évolution moyenne doit être tempérée par la variation des médicaments chers (PFHT > 150 euros) par rapport à l’année précédente (+15 %), conjuguée à une baisse des volumes des produits issus des trois premières tranches de MDL.

Face à ce constat, il est préférable de mesurer le niveau de la marge brute en euros qui devient le véritable indicateur de l’activité officinale. Elle progresse de 0,68 % pour s’établir à 632 100 euros, et ce, dans toutes les officines sauf celles dont le CA HT est inférieur à 1 500 000 euros. L’Excédent brut d’exploitation qui mesure la rentabilité nette d’une officine a diminué en valeur absolue de 3 000 euros. En effet, la progression de la marge brute globale n’a pas compensé l’évolution des frais généraux (+1,25 %) et des frais de personnel (+1,97 %).

Toutefois, le niveau de l’EBE (en valeur absolue) démontre à nouveau que l’activité officinale reste attractive. Le niveau futur de l’Excédent brut d’exploitation jouera un rôle prédominant dans la détermination des prix de cession.

Acquisition et financement

L’apport personnel ressort à 15 % du prix payé. L’installation par le biais des SPFPL et les cessions de parts sociales contribuent à une diminution notable de l’apport personnel ; le fond inter-pharmaciens de la CAVP ouvre également des perspectives au primo-accédant.

Le prix moyen de cession s’établit à 1 737 000 euros contre 1 749 000 euros en 2018. Il représente 6,76 fois l’EBE (déduction faite de la rémunération du titulaire de 66 000 euros) contre 6,56 fois en 2018. Nous constatons un réel engouement des jeunes diplômés à acquérir une officine. Les bons résultats de l’avenant 11 introduisant les honoraires ne semblent pas étrangers à cette situation. La confiance est retrouvée. Toutefois, nous assistons à une désaffection des acquéreurs pour les officines dont l’environnement médical est défavorable. Elles restent les plus fragiles en termes d’activité mais sont nécessaires au maintien du maillage territorial. La profession devra intégrer cette donne dans son nouveau modèle juridique et économique si elle veut maintenir ce maillage. •

Par Joël Lecoeur, expert-comptable

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