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Homéopathie : un apprentissage « à repenser » selon les étudiants

Suite à l’annonce le 9 juillet 2019 de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn du déremboursement de l’homéopathie, c’est au tour des étudiants en pharmacie de s’exprimer.

Ce lundi 15 juillet, l’Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France (ANEPF), avec le soutien de la Fédération Nationale des Syndicats d’Internes en Pharmacie et Biologie Médicale (FNSIP-BM), publie les résultats d’un sondage consacré à l’enseignement de l’homéopathie dans les UFR de Pharmacie. Le sondage a reçu plus de 3000 répondants dont 30% orientés vers l’officine. 72,7% des étudiants souhaitent garder un enseignement obligatoire et/ou facultatif de l’homéopathie tandis que plus d’un quart estiment qu’il n’y a pas sa place. En incluant uniquement les futurs officinaux, la réponse est respectivement 75,4% pour l’enseignement et 24,6% contre.

Les 30% fervents de la disparition de l’homéopathie des bancs de la faculté, estiment qu’ils « décrédibilisent les études de pharmacie ainsi que la profession de pharmacien » et va « à l’encontre de l’éthique et du serment de Galien. » Des mots forts pour dénoncer l’incohérence d’un enseignement non basé sur des preuves d’efficacité (Evidence-Based Medicine), tant mis en avant dans la globalité des études de pharmacie. Par ailleurs, ils dénoncent le lobbying des entreprises du médicament homéopathique. Enfin, ils préféreraient à la place d’un enseignement de l’homéopathie, un apprentissage de l’écoute active, du développement de l’esprit critique dans le but d’une prise en charge humaine du patient.

Pour les étudiants qui souhaitent garder un enseignement, 89,2% jugent qu’il devrait l’être dans le parcours officine uniquement. Ils estiment que l’apprentissage de l’homéopathie reste indispensable car le pharmacien « est le garant de la dispensation des produits de santé présents dans sa pharmacie, dont l’homéopathie fait partie intégrante. »

L ‘avis des étudiants a été sollicité par la conférence des doyens en pharmacie, d’où la réalisation de ce sondage. «Nous allons demander un enseignement optionnel sur les médecines alternatives lors du tronc commun, et un, obligatoire dans le parcours officine sans pour autant que cela soit une Unité d’Enseignement (UE) à part entière. » précise Julie Napieralski, attachée presse de l’ANEPF. Une approche pédagogique différente sera également revendiquée auprès des doyens : « L’enseignement doit se faire de manière objective dans l’intérêt d’une prise en charge optimale du patient » précise-t-elle, incluant une analyse critique et scientifique. Par ailleurs, ils jugent que les DU « Homéopathie » ne devraient plus exister «pour maintenir la légitimité et l’image de ce type de diplôme. »

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