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Études de santé, comment améliorer la qualité de vie des étudiants ?

Agnès Buzyn et Frédérique Vidal ont lancé conjointement, lundi matin, le centre national d’appui (CNA) à la qualité de vie des étudiants en santé. L’organisme rassemble étudiants, enseignants et professionnels de santé, afin de faire remonter depuis le terrain, les souffrances subies par les étudiants, et de proposer des solutions aux problèmes des futurs praticiens de santé.

« Le constat n’est pas acceptable » pour la ministre des Solidarités et de la Santé, qui dénonce « une situation de souffrances vécues quotidiennement ». Si nous avons tous subi le stress inhérent à l’apprentissage des métiers de la santé, souffrances, violences et abus gardés sous silences, rongent intérieurement certains étudiants puis professionnels dans l’exercice.

Le rapport du Docteur Marra

Chargée fin juillet 2017 de rédiger un rapport sur la qualité de vie des étudiants remis aux ministres concernées au printemps 2018, la docteure Donata Marra, psychiatre responsable du BIEP (Bureau Interface Professeurs Étudiants) est sans équivoque quant au mal-être des étudiants en santé. Sur les 52 pages du rapport, grâce à une analyse profonde et une écoute attentive des étudiants, elle met en exergue l’ampleur des difficultés auxquelles font face les futurs professionnels de santé.

La Dr Marra alarme les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation et propose une série de 15 engagements afin d’améliorer la qualité de vie des étudiants. Certains d’entre eux ayant été mis en place, comme l’instauration du CNA. Celui-ci doit être vu comme un lieu d’échange entre les différents enseignants, étudiants et institutions du monde de la santé.

Une situation alarmante

Stress, compétition, manque de coopération, harcèlement, sexisme, conduite à risque des étudiants, mauvaise hygiène de vie, manque d’activités culturelles et isolement social. La liste des doléances exprimées par les représentants des étudiants est longue. Pour Agnès Buzyn c’est « autant d’échecs pour un système de formation qu’il faut rendre plus humain ». Ces traumatismes vont avoir un effet sur l’apprentissage et la vie professionnelle des soignants, donc sur leurs patients. « La première victoire s’est d’être sortie du silence » constate Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le CNA incite et conseille les universités pour qu’elles mettent elles-mêmes en place les moyens et structures nécessaires à l’amélioration de la qualité de vie. Un partenariat avec Santé publique France visera aussi à aider les étudiants à détecter la souffrance de leurs collègues pour les accompagner vers ces ressources mises en place, afin d’éviter les cas les plus dramatiques.

La fin de la compétition

La Loi santé, qui sera définitivement adoptée par le Sénat ce mardi, va réformer par son article 2 le système de sélection à l’entrée des études de santés. Ainsi, elle sonnera le glas d’une « logique de compétition sans merci et sans issue pour ceux qui échouent, » d’après Frédérique Vidal. Le CNA pourrait être pour elle « à la base d’une nouvelle façon d’étudier la santé ». Si cela peut ressembler à un vœu pieux, le Centre et son comité seront chargés d’évaluer l’impact de la nouvelle première année sur le bien-être des étudiants.

Pour ce qui est de la réforme des études de pharmacie, « les concertations sont en cours, le but : remettre l’étudiant au centre du processus » informe Agnès Buzyn.

 

 

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