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L’impasse des contrefaçons du médicament

La contrefaçon du médicament est une menace souterraine, insondable et pour le moment, impénétrable. Le peu qu’on lui connait fait froid dans le dos : sur les quatre opérations de grande envergure menées conjointement par l’OMD (Organisation Mondiale des Douanes) et l’IRCAM (Institut International de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments) depuis 2012, près de 869 millions de produits pharmaceutiques ont été interceptés pour une valeur estimée à plus de 400 millions d’euros… Quand on sait que cela ne représente que 37 jours de saisies (sur 5 ans) et qu’une partie seulement de quelques grands ports d’Afrique, il y a de quoi s’alarmer…

 

Pourtant, le plus préoccupant aujourd’hui ne vient pas de l’ampleur du problème (bien qu’il coute la vie de centaine de milliers de personnes chaque année), mais de l’inertie avec laquelle la justice s’en empare. En Afrique par exemple, où le phénomène sévit le plus fortement (30% des médicaments utilisés seraient faux ou contrefaits), les peines encourues n’excèdent généralement pas quelques semaines d’emprisonnement… De plus, dans la plupart des cas, la législation nationale interdit l’interception des conteneurs en transit, facilitant d’autant plus les basses œuvres des contrebandiers. Enfin, faute de moyens et d’une réelle culture judiciaire dans le domaine, aucune procédure n’a encore été diligentée par les différents gouvernements africains concernés à l’encontre de l’Asie (Chine et Inde notamment), d’où provient la majeure partie des contrefaçons.

 

C’est de ce laxisme gouvernemental et de ce vide juridique qu’est née l’une des plus grandes menaces pour la santé publique (en plus d’être inopérants dans leurs indications, les médicaments contrefaits génèrent des résistances et entrainent parfois la mort) et la démocratie (le chiffre d’affaire annuel de cette contrefaçon est estimé à plus de 85 milliards d’euros, soit le PIB du Yemen).

 

Quid du marché de la contrefaçon en France ?

 

Comme le rappelle le directeur de l’IRACM, Bernard Leroy, la situation en France est différente en cela que le circuit du médicament, sous monopole pharmaceutique, fait l’objet d’une surveillance drastique. Seule faille dans le parfait édifice, l’insaisissable internet : c’est par ce canal que la contrefaçon touche notre pays. Pour le moment, ce marché concerne principalement les produits socialement « coupables » tels que les produits amaigrissants, les traitements des troubles de l’érection ou encore les anabolisants. Bien loin de la situation africaine donc, où les traitements de première nécessité (antipaludéens, anti-inflammatoires, antibiotiques, médicaments gastro-intestinaux) sont les premiers concernés. La défiance reste cependant de mise.

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