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CIPAV : une retraite à la diète ?

CIPAV engluée dans le problème de l’afflux d’autoentrepreneurs, réformes contraignantes… les retraites des professions libérales et des pharmaciens sont-elles plus impactées que les autres ?

C’est une mosaïque de régimes dont les caisses regroupent un secteur très disparate ! Pour le régime de base, les professions libérales (PL) sont réunies au sein des 10 sections de la CNAVPL, dont fait partie la CAVP. Si l’équilibre est aujourd’hui atteint, il n’en reste pas moins des inquiétudes pour demain. Près de 34 % des cotisations sont versées à des régimes déficitaires.

Régime de base : la “caisse fourre-tout” engluée dans le problème autoentrepreneurs

Après les failles de la RSI, le cauchemar a continué pour les PL, mais avec la CIPAV cette fois ! En 2014, la Cour des comptes a épinglé la calamiteuse gestion de l’une des plus grosses caisses d’assurance vieillesse de base des PL. Pensions supprimées, appels de cotisation ou demandes d’arriérés indues, bévues du système informatique… Les dysfonctionnements récurrents ont engendré de gros retards de versements. Si la situation est aujourd’hui sous contrôle, au prix d’une transparence et d’un contrôle étatique accrus, un lourd passif demeure et il faudra encore du temps pour le résoudre. Les difficultés de la prise en charge des professions dites non classées et des autoentrepreneurs n’ont pas été anticipées et menacent le relèvement des cotisations pour la retraite de base des PL, comme l’explique Yves de Calf, président de la commission retraite et prévoyance au sein de l’UNAPL. « Une disposition-balai a intégré dans la CIPAV tous les autoentrepreneurs dits libéraux, qui sont très nombreux et cotisent peu. Elle nous est défavorable puisque notre démographie augmente et que la compensation démographique croît elle aussi pour atteindre aujourd’hui 34 % des cotisations. Elle est pour l’instant équilibrée, mais risque de poser un problème à terme. » 

Régimes complémentaires : de nécessaires réformes

La CNAVP est elle monoprofessionnelle et gérée par des administrateurs qui sont tous pharmaciens. « Nous prenons des mesures courageuses que l’État aurait du mal à faire passer et savons l’expliquer à nos confrères, comme ce fut le cas pour la réforme du régime complémentaire, imposée par l’État en 2015 » explique Monique Durand, présidente de la CAVP. Le pharmacien cotise désormais dans la classe d’affectation qui est fonction de ses revenus. « À revenu égal, cotisations égales et allocations égales », ce qui n’est pas sans conséquence : moins de souplesse, plus de retraites à la carte et une baisse du taux de remplacement pour certains.

Selon la 3e édition du Baromètre des pros de juillet 2014, le financement de la retraite reste en tête des sujets d’inquiétude des PL. Seules 45 % estimaient être suffisamment couvertes. La récupération du capital de l’outil de travail est de plus en plus incertaine. « Les banques prêtent moins, les pharmaciens mettent du temps à vendre leur officine ou ne la vendent pas et n’ont pas le capital sur lequel ils comptaient pour se constituer une retraite. Beaucoup ne trouvent pas de repreneurs, car les nouvelles règles d’installation ont changé la donne. Mais la CAVP a anticipé ces difficultés avec des réajustements et des augmentations sur les cotisations pour ne pas épuiser nos réserves » explique Monique Durand. Avec une retraite moyenne d’environ 1900 € mensuels, les pharmaciens ne sont pas les plus à plaindre, mais le monde libéral est l’un des plus gros contributeurs au régime de compensation national.

Raphaëlle Bartet

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