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Lilia Bulteel « La coopérative est le modèle le plus adapté aux difficultés actuelles »

Pharma. En quelques mots, comment résumer la philosophie d’Ospharea ?

Lilia Bulteel. Ospharea, autrefois CIP – pour coopérative informatique pharmaceutique –, est une coopérative de pharmaciens qui développe des services d’accompagnement pour l’officine au quotidien. Sa filiale Ospharm articule son offre commerciale autour de trois axes de développement :  Ospharm Datastat, une application informatique d’analyse décisionnelle en temps réel, simple et interactive ; Ospharm Formation, un programme de formation sur mesure, e-learning ou présentiel ; Ospharm FSE, une solution de gestion et de traitement du tiers payant pour gagner du temps et  optimiser la trésorerie. Selon moi, le modèle coopératif est le mieux adapté pour faire face aux difficultés économiques que rencontre la profession.
Son organisation repose sur trois principes : la mutualisation de moyens matériels et humains, la solidarité et le partage des compétences et une gouvernance qui consacre l’égalité dans la prise de décision. Nous ne sommes pas dans une financiarisation de l’officine, mais dans une démarche de partage et d’échange de bonnes pratiques  en vue de l’amélioration de l’activité professionnelle. Le développement et la reconnaissance du pharmacien sont au coeur du système coopératif d’Ospharea.
Une étude de la Fédération du commerce associé (FCA) montre d’ailleurs que ce modèle a le vent en poupe. Selon le baromètre des dirigeants de la FCA réalisé en janvier 2013, les réseaux du commerce associé réalisent des performances supérieures à celles de leurs marchés pour 68 % d’entre eux. Un réseau sur cinq déclare même une croissance de chiffre d’affaires supérieure à 5 % en 2012.

En quoi la coopérative se différencie-t-elle d’un groupement ?

Nous n’avons pas la même vocation. Une coopérative, c’est d’abord la mise en commun de moyens pour apporter de l’expertise aux pharmaciens. Si nous prônons une mutualisation des moyens matériels et humains, nos pharmaciens restent avant tout seuls maîtres de leur projet professionnel. Un groupement fonctionnera différemment, avec des offres ciblées, des forfaits, en fonction du niveau d’adhésion des pharmaciens. On ne trouvera jamais des adhérents « premium » au sein d’une coopérative. Chez nous, tout le monde est logé à la même enseigne.

Quelles sont vos nouveautés pour 2013 ?

Cela n’aura échappé à personne, 2013 est marquée par l’évolution du métier de pharmacien. Après des années de théorie, les nouvelles missions deviennent réalité. Chez Ospharea, nous n’avons pas attendu la signature de la convention pour nous emparer des entretiens pharmaceutiques ou du suivi de patients chroniques. Aujourd’hui, nous sommes sur la finalisation de nos outils. Ainsi, nous travaillons sur un service qui contextualise davantage le pharmacien dans son marché. Il ressort en effet de nos expériences sur le terrain que celui-ci n’appréhende pas assez sa zone de chalandise. S’il a une bonne connaissance de ce qui se passe chez lui, via son logiciel officinal, il souffre d’un déficit d’informations sur ce qui se passe dans son secteur. Dans le même esprit, nous avons lancé, courant 2012, Datastat Expert, un service qui permet au pharmacien, en complément des prix du panel France, de connaître pour un produit le tarif moyen constaté sur son secteur, en comparant les vingt officines les plus proches ainsi que les pharmacies de centre commercial du département. Cet outil permet également au titulaire de consulter en temps réel son taux de substitution par dénomination de la liste de molécules retenues pour le suivi spécifique national et individuel des médicaments génériques.

Les outils de géomarketing sont devenus en quelques années des incontournables de l’officine. Parlez-nous un peu plus d’Ospharm Datastat.

Cette application informatique en temps réel prend de plus en plus de place au sein de notre stratégie commerciale. La mise à jour de données et l’analyse des performances en temps réel confèrent à ce service une réelle valeur ajoutée par rapport aux autres acteurs du marché. Plus de 5 000 pharmaciens nous font d’ailleurs confiance aujourd’hui, soit un doublement du nombre d’adhérents en à peine deux  ans. Les titulaires adhèrent à Ospharm car ils savent que leurs données seront exploitées par une organisation créée par les pharmaciens pour les pharmaciens.
L’évolution du métier nous oblige à dresser le constat suivant : le titulaire ne peut plus vivre en vase clos avec ses seuls chiffres, il a besoin d’éléments de comparaison pour gagner en performance. Avec Datastat et Datastat Expert, nous lui fournissons un référentiel extérieur ciblé en temps réel. Cela permet d’être beaucoup plus précis sur les informations que l’on donne. D’ici juin, l’outil va subir une cure de jouvence avec une meilleure ergonomie, une navigation simplifiée et intuitive. Les tableaux de bord souffraient de leur complexité. On a simplifié le fonctionnement et la présentation de ces outils. Tout est conçu pour répondre aux besoins des pharmaciens et optimiser ses performances.

Avec la mise en place du DPC, la formation est devenue une obligation. Quelles solutions proposez-vous pour transformer cette contrainte en atout ?

En renforçant l’obligation de formation continue pour les pharmaciens et les préparateurs, le développement professionnel continu (DPC) sollicite davantage les organismes de formation. Dans ce cadre, nous proposons désormais des cycles de formation présentiels et des programmes e-learning agréés  OPCA-PL. On s’est rendu compte que l’e-learning était la suite logique de la formation présentielle. Tous deux sont complémentaires. En tant qu’organisme de formation, Ospharm Formation est candidat à l’agrément DPC auprès de l’Organisme gestionnaire du développement professionnel continu (OGDPC). Dans le même registre, on peut citer notre parcours MAD qui a été agréé.

Dernière question en lien avec ce numéro « spécial femmes ». Lorsqu’on évoque les dirigeantes d’entreprise, on utilise souvent l’expression « management au féminin ». Confirmez-vous son existence ? Quelles sont ses spécificités ?

Je ne sais pas si on peut parler de management au féminin. Je connais des femmes qui gèrent leurs équipes de manière bien plus dures que des  hommes ! Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il existe une intelligence émotionnelle qui fait parfois défaut à mes collègues masculins. Après, je voudrais que cessent les clichés qui font de la femme active un être revanchard parce que trop longtemps cantonnée aux fonctions subalternes, qui a soif de réussite… Ces clichés sont si éloignés de la réalité. À l’opposé de la femme arriviste, on entend souvent le refrain de la femme soumise, manquant de confiance en elle, qui n’ose pas s’affirmer, demander des responsabilités… Il faudrait savoir ! Et croyez-moi, j’ai beau évoluer dans un univers masculin, quand il s’agit de me faire entendre, je peux donner de la voix !

Bio express

1996 : Pharmacien, faculté de Lille
1997 : DESS Management et marketing à Lille
2000 : Directrice d’agences Cerp Rouen
2006 : Directrice commerciale France Cerp Rouen
2010 : DG adjointe Ospharea et Executive Master HEC en stratégie
Depuis octobre 2011 : Directrice générale d’Ospharea

 

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Propos recueillis par Olivier Valcke

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